De Sextilis à Augustus
Le sixième mois du calendrier primitif de Romulus s'appelait Sextilis (le sixième, sextus). En 8 av. J.-C., le Sénat romain décida de renommer ce mois en Augustus en l'honneur de l'Empereur Auguste (né Gaius Octavius, devenu Octave puis Auguste). Ce geste était une marque de déférence politique.
Plusieurs arguments justifiaient le choix de Sextilis plutôt qu'un autre mois : c'est en Sextilis qu'Auguste avait remporté plusieurs de ses victoires les plus importantes, notamment la prise d'Alexandrie en 30 av. J.-C. et la capitulation de Cléopâtre et Marc-Antoine. Le mois avait donc une valeur symbolique forte pour lui.
Pourquoi août a-t-il 31 jours ?
Dans le calendrier julien tel que César l'avait conçu, Sextilis n'avait que 30 jours. Juillet (Julius) en avait 31. Auguste, selon la tradition relayée notamment par des auteurs du Moyen Âge, n'aurait pas accepté que son mois soit plus court que celui de César, son père adoptif et prédécesseur. Il aurait donc fait ajouter un jour à août, en prenant ce jour sur février (déjà le plus court).
Cette anecdote est contestée par certains historiens modernes, qui doutent de sa fiabilité. Les sources antiques originales sur ce point sont ténues. Mais la réalité du résultat est là : août a 31 jours, février en a 28, et il y a trois mois consécutifs de 31 jours (juillet, août, septembre dans le calendrier actuel, même si septembre n'en a que 30).
Le titre "Auguste"
Le mot "Auguste" n'est pas un prénom mais un titre : Augustus en latin, dérivé de augere (augmenter, élever). Il désigne ce qui est vénérable, majestueux, sacré. Le Sénat conféra ce titre à Octave en 27 av. J.-C. comme marque de respect et de déférence.
Le titre a traversé les siècles : les empereurs romains ultérieurs le portèrent, puis les empereurs germaniques (le Saint-Empire), puis il devint un prénom courant en Europe. En français, "auguste" est encore un adjectif signifiant "majestueux, vénérable" (on parle de l'"auguste assemblée"). Le clown Auguste du cirque en est une dérivation ironique (par contraste avec la majesté).