Decem : le dixième et dernier
December vient du latin decem (dix). Il était bien le 10e et dernier mois du calendrier de Romulus, qui s'arrêtait en décembre. Les 61 jours qui suivaient (ce que nous appelons janvier et février) étaient hors calendrier : une période sans nom, un hiatus hivernal que les Romains ne comptabilisaient pas formellement.
Quand Numa Pompilius ferma ce vide en ajoutant janvier et février, décembre devint le 12e mois. Son nom ne changea pas. Il reste à ce jour le seul mois dont le nom indique qu'il était à la fois le dernier et le dixième d'un système depuis longtemps disparu.
Les Saturnales : l'ancêtre de Noël ?
La Rome antique célébrait en décembre les Saturnales, une fête en l'honneur de Saturne (dieu de l'agriculture et du temps) qui durait du 17 au 23 décembre. Ces festivités étaient particulièrement joyeuses et libératrices :
- Les esclaves étaient temporairement libérés et s'asseyaient à table avec leurs maîtres
- Les maîtres servaient parfois les repas
- On s'offrait des cadeaux (sigilla, petites figurines)
- Les lois civiles et les activités publiques s'arrêtaient
Ces caractéristiques (fête de l'égalité temporaire, échanges de cadeaux, festin familial, suspension des règles ordinaires) rappellent étrangement Noël. Certains historiens voient une filiation directe, d'autres contestent la continuité. La proximité calendaire (17-23 décembre pour les Saturnales, 25 décembre pour Noël) est en tout cas indéniable.
Le solstice d'hiver et les fêtes de lumière
Le solstice d'hiver (21 ou 22 décembre) est le jour le plus court de l'année dans l'hémisphère nord. Cette date astronomique est universellement associée aux fêtes de lumière dans des cultures très différentes :
- Yule (traditions nordiques) : fête du solstice, feux de joie pour réchauffer le soleil mourant
- Sol Invictus (Rome tardive) : fête du "Soleil invaincu" le 25 décembre, instituée par l'Empereur Aurélien en 274
- Noël : fixé au 25 décembre au IVe siècle, en partie pour coïncider avec les fêtes solaires existantes
- Hanouka : la Fête des Lumières juive tombe souvent en décembre, quoique pour des raisons indépendantes du solstice
La concentration de fêtes de lumière autour du solstice d'hiver n'est pas un hasard : dans les cultures préindustrielles, le retour progressif du soleil après le solstice était un événement à célébrer et à encourager rituellement.