Simhat Torah en 2026, 2027 et 2028
Simhat Torah (joie de la Torah en hébreu) tombe le 23 Tichri en diaspora, lendemain de Chemini Atseret. En Israël, les deux fêtes sont célébrées le même jour (22 Tichri). Simhat Torah clôt ainsi la longue période des fêtes automnales qui commence avec Roch Hachana.
| Année | Simhat Torah (diaspora) |
|---|---|
| 2026 | 3 octobre 2026 |
| 2027 | 22 octobre 2027 |
| 2028 | 12 octobre 2028 |
Le cycle annuel de la Torah
La Torah (les cinq livres de Moïse : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) est lue intégralement chaque année dans les synagogues, une section (paracha) chaque Chabbat. Ce cycle annuel se termine et recommence le jour de Simhat Torah. Le dernier verset du Deutéronome est lu, puis on enchaîne immédiatement avec le premier verset de la Genèse ("Au commencement Dieu créa..."). Cette continuité symbolise que l'étude de la Torah n'a pas de fin.
La personne appelée à lire le dernier passage de la Torah est honorée du titre de Hatan Torah (marié de la Torah), et celle qui lit le premier passage de la Genèse, Hatan Berechit (marié du commencement). Ce sont des titres d'honneur attribués à des membres méritants de la communauté.
Les hakafot : danses avec la Torah
La tradition centrale de Simhat Torah est les hakafot (circuits) : les rouleaux de la Torah sont sortis de l'Arche sainte et portés en procession autour de la bima (l'estrade centrale de la synagogue) sept fois, au son de chants et de danses. Toute la communauté participe, y compris les enfants qui tiennent des petits drapeaux ou des rouleaux miniatures.
Cette débauche d'allégresse est inhabituelle dans la liturgie juive, généralement plus sobre. Elle exprime la relation d'amour que le peuple entretient avec son texte fondateur. Dans certaines communautés sépharades, les hakafot se poursuivent plusieurs heures, avec repas et musique.
Les hakafot secondes
Une coutume contemporaine, née en Israël dans les années 1970, est celle des hakafot chniiot (secondes hakafot) : le soir qui suit Simhat Torah, des places publiques dans les villes israéliennes organisent des danses en plein air avec des rouleaux de Torah. Cette pratique, initialement informelle, est devenue un événement communautaire majeur. En France, certaines grandes communautés organisent également des hakafot publiques.
Simhat Torah en URSS
Pendant la période soviétique (1950s-1980s), Simhat Torah devint paradoxalement l'une des rares occasions de manifestation identitaire juive. À Moscou, des milliers de Juifs se rassemblaient devant la Grande Synagogue de Moscou pour chanter et danser, bravant la surveillance du KGB. Ces rassemblements devinrent un symbole de résistance culturelle et influencèrent le mouvement des "Juifs du silence" dont Elie Wiesel rendit compte dans son livre éponyme (1966).